| Autant vous avertir tout de suite : vous ne trouverez pas, à travers ce « point de vue », une critique pertinente. Ce film, c’est avec le cœur que je vais vous en parler ; ni analyse donc, ni décorticage méticuleux, encore moins interprétation hasardeuse de la psychologie des personnages ou – mieux – du réalisateur.
« Amélie Poulain » se passe d’explication. Quand on aime, nul n’est besoin de savoir pourquoi, car lorsqu’on est capable d’enfermer un sentiment à l’intérieur d’un mot, c’est probablement que nous n’aimons déjà plus assez…
Alors disons simplement que c’est un beau film, dont les couleurs rappellent celles que nos yeux aveuglés par la grisaille urbaine ne sont plus capables de voir, dont la musique sait nous bercer dans un monde sortit droit de la tête de notre ingénue Amélie.
On ne nous parle pas de choses compliquées – peut-être est-ce cela qui ne satisfait pas ceux dont le réflexe premier est d’intellectualiser tout ce qui bouge – mais nous allons au contraire directement au plus simple, à ces petits événements de la vie qui nous émeuvent et que chacun a pu connaître un jour ou l’autre.
Amélie n’a rien d’une héroïne de cinéma, je dirais même qu’elle est on ne peut plus ordinaire, elle a juste cet amour des autres que l’on aimerait croiser plus souvent dans les yeux de nos contemporains, même si cela doit s’accompagner d’un peu de naïveté quant à l’âpreté du monde. tout n’est peut-être pas réaliste, mais si nous étions tous, chacun dans notre coin, un peu plus confiant dans les rêves qui nous animent, nous en verrions certainement davantage se réaliser…
Le film de Jean-Pierre Jeunet ne s’adresse pas à vous directement ; il cherche plutôt à atteindre celui qui en vous croit encore au Père Noël, celui qui est prêt à aller faire une chasse au dahu à quatre heures du matin (comment ça le dahu n’existe pas !?), bref : au gamin que vous étiez et qui pensait sincèrement – et avec raison ! - que le monde était beau. L’adulte pense que l’enfant a tort ; en fait, l’enfant n’a probablement qu’un seul tort : celui de croire que l’adulte a raison !
Laissez-vous donc aller, confortablement lové dans le fauteuil de votre cinéma de quartier, laissez-vous entraîner dans le tourbillon musical de Yann Tiersen et dans les aventures mignonnettes de notre tendre Amélie. Et même si l’histoire ne vous interpelle pas, ouvrez grand vos oreilles et vos yeux afin de savourer un esthétisme certain dont le réalisateur n’aura pas à rougir avant longtemps…
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