| Pour le premier mois de ce nouveau siècle, j’ai décidé de consacrer le « point de vue » à ce livre fantastique de Marie de Hennezel, psychologue en unité de soins palliatifs.
On pourrait s’étonner d’un tel choix, qui peut paraître un peu tristounet pour une entrée dans le troisième millénaire ; mais loin d’être un livre de mort, il s’agit à l’inverse d’un véritable éloge à la Vie…
Marie de Hennezel, dans « La mort intime », témoigne de son expérience auprès de ceux qui vont mourir. Elle nous laisse découvrir l’intensité de ce moment si particulier de la mort et des instants qui la précèdent, et nous aide à ne pas les laisser filer, aveuglés par notre refus des évidences…
Ce livre est un recueil d’amour et de tendresse, une vraie caresse à l’âme qui brise sans violence le tabou de la mort, en lui rendant sa juste place : celle du couronnement de la Vie, de son accomplissement. Certains se débattent jusqu’au bout contre l’inévitable, d’autres parviennent à trouver la sérénité, comme s’ils avaient compris quelque chose qui nous échappe, quelque chose d’essentiel dont on leur aurait confié le secret.
L’approche de la mort semble mettre l’accent sur la vie ; nous apercevons alors, humbles lecteurs que nous sommes, le cadeau unique et précieux qui nous est offert à chaque inspiration, cadeau que les « mourants » semblent recevoir avec une intensité décuplée, parfois même avec une certaine violence…
Nous sommes tous petits devant l’événement de la mort, événement qui déroute le plus dans sa forme officielle et brusque. Pourtant, nous trouvons dans ce livre des personnes qui, dans l’humilité dans laquelle les a plongés la souffrance, se sont révélés des maîtres. Il nous reste à nous ouvrir à leurs enseignements, tellement il paraît limpide qu’ils touchent du doigt des vérités que seule la proximité de ce dernier départ peut dévoiler…
|